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La Sporée
Plusieurs clitocybes nébuleux dans les feuilles de hêtre : chapeaux gris pâle, un exemplaire couché montre des lames crème.
Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, Wikimedia Commons
Clitocybe

Clitocybes

Petits clitocybes blancs à muscarine et clitocybe nébuleux, aujourd'hui classé toxique

ToxiqueEn photo : Clitocybe nébuleux
Sporée
Sporée blanche
Sous le chapeau
Lames
Milieu
prairies, pelouses, parcs, bords de routes, hêtraies et forêts de conifères
Saison
juin à décembre

Photo contre photo

À ne pas confondre

  • Plusieurs clitocybes blanchis dans l'herbe : petits chapeaux beige rosé à blanchâtre, un exemplaire retourné montre des lames serrées descendant sur le pied.
    Clitocybe blanchiClitocybe dealbataToxique
    Photo : Strobilomyces, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
    Trois meuniers blancs posés sur la terre nue d'un sous-bois ; celui du milieu est retourné et montre des lames crème à reflet rosé qui descendent nettement le long du pied court ; chapeaux blancs mats à marge ondulée et lobée.
    MeunierClitopilus prunulusComestible
    Photo : Strobilomyces (User:Strobilomyces), CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Le meunier a des lames roses à maturité, une chair cassante et une sporée rose ; le clitocybe blanchi une sporée blanche.

  • Plusieurs clitocybes blanchis dans l'herbe : petits chapeaux beige rosé à blanchâtre, un exemplaire retourné montre des lames serrées descendant sur le pied.
    Clitocybe blanchiClitocybe dealbataToxique
    Photo : Strobilomyces, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
    Trois marasmes des Oréades dans l'herbe rase : chapeaux beige clair, lames crème espacées, pieds fins et clairs.
    Faux mousseronMarasmius oreadesComestible
    Photo : Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Le faux mousseron a des lames très espacées et un pied coriace ; le clitocybe blanchi des lames serrées et un pied non coriace.

  • Pas de photo vérifiéeNous ne publions une photo que si l'espèce est certaine. Ses caractères sont décrits dans le texte de la fiche.
    Clitocybe céruséClitocybe cerussataToxique
    Trois meuniers blancs posés sur la terre nue d'un sous-bois ; celui du milieu est retourné et montre des lames crème à reflet rosé qui descendent nettement le long du pied court ; chapeaux blancs mats à marge ondulée et lobée.
    MeunierClitopilus prunulusComestible
    Photo : Strobilomyces (User:Strobilomyces), CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Sporée blanche chez le cérusé, rose chez le meunier ; la couleur des lames ne suffit pas.

Les clitocybes réunissent sous un même nom des champignons très différents, et plusieurs sont dangereux : l'Anses cite le clitocybe blanchi et le clitocybe cérusé parmi les principales espèces responsables du syndrome muscarinien, et le clitocybe nébuleux est aujourd'hui considéré comme toxique. Le réflexe de sécurité : un petit champignon blanc cueilli dans l'herbe ou sous les résineux ne se mange pas sur la foi de son odeur de farine, et toute récolte douteuse passe par un pharmacien ou une association de mycologie avant la cuisine, comme le recommande l'Anses.

Comment reconnaître un clitocybe ?

Wikipédia présente « clitocybe » comme un nom commun ambigu. Il vient du grec et évoque la forme concave du chapeau, creusé au centre. Les espèces ainsi nommées ont en général un chapeau en entonnoir et des lames décurrentes, qui descendent le long du pied. La biologie moléculaire a dispersé les anciens clitocybes dans plusieurs genres, dont Clitocybe, Infundibulicybe, Lepista ou Ampulloclitocybe : le nom français ne dit rien de la toxicité.

Les noms trompent aussi dans l'autre sens. Le clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) et le faux clitocybe lumineux (Omphalotus illudens) ne sont pas des Clitocybe, mais l'Anses les désigne comme les principales espèces toxiques susceptibles d'être confondues avec les girolles et les chanterelles. Leurs sosies sont traités dans la fiche chanterelles et trompettes.

Quels clitocybes provoquent le syndrome muscarinien ?

L'Anses décrit un syndrome provoqué par la muscarine, dit sudorien ou muscarinien : un syndrome cholinergique, qui peut être très bruyant, avec des troubles digestifs associés à des sueurs, un larmoiement, un myosis (rétrécissement des pupilles), une bradycardie (ralentissement du cœur), une hypotension et un encombrement bronchique. Les signes apparaissent entre 15 minutes et 2 heures après le repas. Le centre antipoison de Lille rattache ce syndrome à de nombreuses espèces d'inocybes et de clitocybes, et indique une évolution généralement favorable en 2 à 24 heures, avec de l'atropine dans les formes sévères. Les inocybes concernés sont présentés dans la fiche inocybes.

Clitocybe blanchi

Clitocybe dealbata, que MycoDB et Wikipédia rapprochent de Clitocybe rivulosa (certains auteurs les tiennent pour une seule espèce), porte aussi les noms de clitocybe du bord des routes et de clitocybe blanc d'ivoire. Wikipédia décrit un chapeau de 2 à 6 cm, blanc ou crème, pouvant prendre des teintes beiges ou roussâtres, convexe puis aplani et parfois déprimé. MycoDB le dit couvert d'une pruine blanche interrompue par endroits en marbrures concentriques ocre rosâtre. Les lames sont adnées à faiblement décurrentes, assez serrées, blanches à crème ocracé ; le pied est fibreux, blanchâtre. La sporée est blanche et MycoDB signale une odeur de farine.

Il pousse dans l'herbe, pas en sous-bois : prairies, pelouses, parcs, lisières, bords de routes, fossés et bordures de chemins, du début de l'été à l'automne selon Wikipédia, souvent en groupes ou en ronds. Wikipédia indique une action dans les premières heures, parfois dès trente minutes, et précise que sa toxicité peut s'avérer mortelle pour les personnes fragilisées : sueurs, vomissements, salivation, diarrhée et ralentissement du cœur, avec une prise en charge par réhydratation rapide et injection d'atropine.

Clitocybe cérusé

Clitocybe cerussata a, selon MycoDB, un chapeau de 6 à 8 cm environ, d'un blanc mat presque pur, pruineux au centre, des lames serrées blanches à crème, un pied en massue ou en fuseau et une chair blanche à odeur de farine ou légèrement aromatique. Sa sporée est blanche. MycoDB le décrit en cercles souvent fournis sous les conifères, en particulier les épicéas, et le classe toxique ; l'Anses le range parmi les principales espèces du syndrome muscarinien. Les sources consultées ne décrivent pas d'autres milieux, ce qui ne permet pas de les exclure.

Le clitocybe nébuleux est-il comestible ?

Non, plus aujourd'hui. Wikipédia indique que Clitocybe nebularis est actuellement considéré comme toxique en Europe, que de nombreux cas d'intoxication sont documentés, qu'en France il est désormais considéré comme non comestible ou fortement suspecté d'être toxique, et que l'organisme suisse de contrôle des champignons et les sociétés mycologiques d'Allemagne, d'Autriche et d'Italie le déconseillent. L'Anses le marque comme espèce toxique. MycoDB résume la nuance : comestible, mais provoquant des intolérances, donc classé toxique.

Il est grand : chapeau de 5 à 20 cm, gris à blanc chez les jeunes puis grisâtre, à marge enroulée. Ses lames crème, minces et très serrées, sont faiblement décurrentes et se détachent facilement. Le pied, blanc à grisâtre, s'élargit vers la base. L'odeur est forte et désagréable, comparée à celle du pleurote ou du poulailler. Wikipédia le situe dans les hêtraies riches en humus, mais aussi dans les forêts de conifères et les forêts mixtes, de septembre à décembre ; MycoDB le signale dans la litière sous feuillus comme sous conifères.

Selon Wikipédia, les symptômes apparaissent en moins d'une heure et jusqu'à quatre heures : nausées, vomissements, maux de tête, diarrhée, douleurs thoraciques et abdominales, bouche sèche.

Avec quoi peut-on confondre un clitocybe ?

Espèce dangereuseConfondue avecCritère à vérifierVerdict
Clitocybe blanchi (Clitocybe dealbata)Meunier (Clitopilus prunulus)Le meunier a des lames roses à maturité, une chair cassante et une sporée rose ; le clitocybe blanchi une sporée blancheToxique
Clitocybe blanchi (Clitocybe dealbata)Faux mousseron (Marasmius oreades)Le faux mousseron a des lames très espacées et un pied tenace et coriace qui se tord sans rompre ; le clitocybe blanchi a des lames serrées, adnées à un peu décurrentes, et un pied non coriaceToxique
Clitocybe cérusé (Clitocybe cerussata)Meunier (Clitopilus prunulus)Sporée blanche chez le cérusé, rose chez le meunier ; la couleur des lames ne suffit pas, celles du meunier très jeune sont blanchesToxique
Clitocybe nébuleux (Clitocybe nebularis)Entolome livide (Entoloma sinuatum), lui aussi toxiqueLames crème qui se détachent chez le nébuleux ; jaune beurre à rosées, adhérentes, chez l'entolomeToxique

Le meunier est piégeux : Wikipédia précise que ses lames sont blanches quand il est très jeune et qu'il dégage une forte odeur de farine fraîche, que MycoDB relève aussi chez le clitocybe blanchi et le clitocybe cérusé. La confusion entre le clitocybe nébuleux et l'entolome livide est détaillée dans la fiche entolomes.

L'odeur de farine et la couleur blanche ne prouvent rien : le meunier, le clitocybe blanchi et le clitocybe cérusé peuvent tous sentir la farine. Un ramassage dans une pelouse, un parc ou un bord de route n'a rien de rassurant : c'est le milieu du clitocybe blanchi, et l'Anses conseille de toute façon de cueillir loin des bords de route. L'Anses déconseille de consommer un champignon identifié au moyen d'une application pour smartphone ; ne consommez pas non plus un champignon identifié sur un site internet, celui-ci compris.

Quand et dans quels milieux poussent les clitocybes ?

Les espèces décrites ici couvrent une grande partie de l'année. Le clitocybe blanchi sort du début de l'été à l'automne dans les milieux herbeux : prairies, pelouses, parcs, lisières, bords de routes et de chemins. Le clitocybe nébuleux arrive tard, de septembre à décembre, et résiste aux premières gelées ; il fréquente les hêtraies, les forêts de conifères et les forêts mixtes. Le clitocybe cérusé est décrit sous les conifères, surtout les épicéas. Un pré, un parc, une hêtraie ou un bois de résineux peuvent donc tous abriter un clitocybe dangereux. L'Anses rappelle aussi que des champignons vénéneux peuvent pousser à l'endroit où vous avez cueilli des comestibles une autre année.

Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?

L'ARS Pays de la Loire demande, si des symptômes apparaissent dans les 12 heures qui suivent un repas de champignons cueillis, d'appeler un centre antipoison ou le 15, de noter l'heure du dernier repas et celle des premiers symptômes, et de garder les restes pour l'identification. Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 ; le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine. Des signes plus tardifs ne sont pas rassurants : le centre antipoison de Lille considère toute intoxication dont les signes apparaissent 6 heures ou plus après le repas comme grave jusqu'à preuve du contraire, et l'Anses indique que le syndrome orellanien peut se déclarer de 12 heures à 20 jours après.

Le site des centres antipoison conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote. Si la personne n'est pas consciente ou ne respire pas, appelez le 15.

Questions fréquentes

Un clitocybe blanc trouvé dans une pelouse peut-il être toxique ?

Oui. Le clitocybe blanchi pousse justement dans les pelouses, les prairies, les parcs et les bords de routes, selon Wikipédia et MycoDB, et l'Anses le cite parmi les principales espèces du syndrome muscarinien.

Pourquoi le clitocybe nébuleux n'est-il plus considéré comme comestible ?

Wikipédia indique que de nombreuses intoxications ont été documentées et qu'en France il est désormais considéré comme non comestible ou fortement suspecté d'être toxique ; l'Anses le marque comme espèce toxique. MycoDB précise qu'il provoque des intolérances et le classe toxique.

Combien de temps après le repas le syndrome muscarinien apparaît-il ?

L'Anses donne un délai de 15 minutes à 2 heures, et le centre antipoison de Lille le même ; Wikipédia signale pour le clitocybe blanchi des signes parfois dès trente minutes. Dans tous les cas, appelez le centre antipoison sans attendre.

Sources consultées

  • Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015, dont l'annexe 1 des syndromes mycotoxiques (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Recommandations de l'Anses, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicologie, page Découvrir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Lille, Centre antipoison, Champignons et principaux syndromes toxiques (consulté le 15/09/2026)
  • ARS Pays de la Loire, Cueillette des champignons : gare à l'intoxication ! (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Clitocybe dealbata (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Clitocybe rivulosa (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Clitocybe cerussata (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Clitocybe nebularis (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Marasmius oreades (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Clitocybe (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Clitocybe rivulosa (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Clitocybe nébuleux (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Meunier (champignon) (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Marasme des oréades (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Myosis (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Bradycardie (consulté le 15/09/2026)

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