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La Sporée
Des inocybes de Patouillard au sol : chapeaux clairs parcourus de fibrilles radiales, chair du pied tachée de rouge sur l’exemplaire déraciné.
Photo : The Brook, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Inocybe

Inocybes

Plusieurs espèces à muscarine, aucune source ne cite d'inocybe comestible

ToxiqueEn photo : Inocybe de Patouillard
Sporée
Sporée ocre à brune
Sous le chapeau
Lames
Milieu
feuillus et conifères, bords de chemins, sols calcaires
Saison
avril à décembre

Photo contre photo

À ne pas confondre

  • Des inocybes de Patouillard au sol : chapeaux clairs parcourus de fibrilles radiales, chair du pied tachée de rouge sur l’exemplaire déraciné.
    Inocybe de PatouillardInocybe patouillardiiToxique
    Photo : The Brook, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
    Deux tricholomes de la Saint-Georges dans l'herbe : l'un dressé, chapeau crème ocré à marge enroulée ; l'autre couché sur le dos, montrant des lames blanches serrées et échancrées et un pied blanc trapu encore chargé de terre à la base.
    Tricholome de la Saint-GeorgesCalocybe gambosaComestible
    Photo : Strobilomyces (User:Strobilomyces), CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : L'inocybe a un chapeau conique mamelonné, rougit et donne une sporée brune ; la Saint-Georges a une sporée blanche et une odeur farineuse.

  • Des inocybes de Patouillard au sol : chapeaux clairs parcourus de fibrilles radiales, chair du pied tachée de rouge sur l’exemplaire déraciné.
    Inocybe de PatouillardInocybe patouillardiiToxique
    Photo : The Brook, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
    Pas de photo vérifiéeNous ne publions une photo que si l'espèce est certaine. Ses caractères sont décrits dans le texte de la fiche.
    Entolome en bouclierEntoloma clypeatumComestible

    Ce qui les sépare : L'inocybe a un chapeau conique souvent fendu, une chair qui rougit et une odeur non farineuse.

  • Pas de photo vérifiéeNous ne publions une photo que si l'espèce est certaine. Ses caractères sont décrits dans le texte de la fiche.
    InocybesInocybe sp.Toxique
    Trois marasmes des Oréades dans l'herbe rase : chapeaux beige clair, lames crème espacées, pieds fins et clairs.
    Faux mousseronMarasmius oreadesComestible
    Photo : Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Le faux mousseron a des lames très espacées et un pied tenace et coriace qui se tord sans rompre, ce qui n'écarte pas les autres sosies relevés par l'Anses.

Les inocybes sont des champignons à éviter en bloc : l'Anses range l'inocybe de Patouillard et l'inocybe fastigié parmi les principales espèces responsables du syndrome muscarinien, et ses rapports montrent des inocybes ramassés par des personnes qui croyaient cueillir des mousserons. Le réflexe de sécurité : un petit champignon à chapeau conique et fibreux, souvent fendu, ne va jamais dans le panier des comestibles, et toute récolte douteuse passe par un pharmacien ou une association de mycologie avant d'être cuisinée, comme le recommande l'Anses.

Comment reconnaître un inocybe ?

Le nom du genre signifie « chapeau fibreux », rappelle Wikipédia. Les sources consultées décrivent un ensemble d'espèces difficiles à distinguer entre elles, mais qui partagent quelques traits :

  • Le chapeau : petit, conique, qui s'aplatit un peu avec l'âge en gardant un mamelon central marqué. MycoDB le décrit fibrilleux et souvent fendu, en chapeau chinois.
  • La couleur : généralement brune selon Wikipédia, mais certaines espèces virent au lilas, et l'inocybe à lames terreuses peut être blanc, crème ou mauve.
  • La sporée : brune. MycoDB parle de spores brun tabac pour le genre et de sporée brun olivacé pour plusieurs espèces.
  • L'odeur : moisie ou spermatique selon les espèces, d'après Wikipédia ; MycoDB la dit souvent spermatique.
  • Le pied : souvent fibreux ou effiloché.

Le nombre d'espèces varie selon la source : Wikipédia avance environ 850 espèces décrites, MycoDB parle d'environ 90 espèces difficiles à différencier.

Qu'est-ce que le syndrome muscarinien ?

C'est l'intoxication provoquée par la muscarine. L'Anses l'appelle aussi syndrome sudorien et le décrit comme un syndrome cholinergique, qui peut être très bruyant, avec des troubles digestifs associés à des sueurs, un larmoiement, un myosis (rétrécissement des pupilles), une bradycardie (ralentissement du cœur), une hypotension et un encombrement bronchique. Les signes apparaissent entre 15 minutes et 2 heures après le repas ; le centre antipoison de Lille donne le même délai.

Le centre antipoison de Lille attribue ce syndrome à de nombreuses espèces d'inocybes et de clitocybes. Il indique une évolution généralement favorable en 2 à 24 heures, avec une prise en charge par réhydratation, correction des troubles électrolytiques et atropine dans les formes sévères. « Généralement » ne veut pas dire toujours : un malaise après un repas de champignons justifie un appel immédiat au centre antipoison. Les petits clitocybes blancs responsables du même syndrome sont présentés dans la fiche clitocybes.

Quels inocybes sont les plus dangereux ?

Inocybe de Patouillard

Inocybe patouillardii, aujourd'hui aussi nommé Inosperma erubescens, est qualifié d'extrêmement toxique par Wikipédia, qui précise qu'il contient de la muscarine. Son chapeau de 3 à 7 cm (jusqu'à 10 cm selon MycoDB) est conique à campanulé et mamelonné, à marge souvent fendillée, blanc à jaune paille ou brun vermillon, parcouru de fibres radiales (MycoDB lui donne le nom d'inocybe rouge brique). Ses lames, blanches puis ocre, et son pied se tachent de rouge vermillon. MycoDB le décrit blanchâtre puis brunâtre ocre, se tachant de rose ou d'orangé rosé vif, avec une odeur faible, fruitée, agréable ou non, et une sporée brun olive. Le pied est souvent profondément enterré, selon Wikipédia : cueillir le champignon entier, comme le demande l'Anses, permet de voir ce caractère.

MycoDB le situe sous feuillus, en particulier sous les tilleuls, au printemps et sur sol calcaire. C'est justement la saison du tricholome de la Saint-Georges, avec lequel il est confondu.

Inocybe fastigié

Inocybe fastigiata, que Wikipédia nomme aussi Inocybe rimosa, a selon MycoDB un chapeau de 4 à 8 cm, conique et mamelonné, fibrilleux et vergeté, brun jaune à brun ochracé fauve. Ses lames sont blanchâtres puis brun jaunâtre à reflet olivâtre, son odeur fruitée et spermatique, sa sporée brun olivacé. MycoDB le signale sous feuillus, surtout sous les chênes, et dans les bois mêlés, sur terre nue ou humus, souvent au bord des chemins.

Inocybe à lames terreuses

Inocybe geophylla est plus petit : chapeau de 0,5 à 4 cm, soyeux, blanc, crème ou mauve, lames blanches devenant gris terreux. MycoDB le classe toxique et le signale sous feuillus comme sous conifères. Dans le rapport de l'Anses, un repas à l'origine d'un syndrome sudorien contenait un inocybe violet, noté Inocybe geophylla var. violacea ou Inocybe euviolacea, alors que le cueilleur pensait ramasser des pieds-de-mouton, des girolles ou des mousserons.

Avec quoi peut-on confondre un inocybe ?

Le rapport de l'Anses cite les inocybes parmi les champignons réellement cueillis par des personnes qui cherchaient des mousserons ou des faux-mousserons. Il décrit aussi un repas de « mousserons » identifiés ensuite comme des inocybes, à l'origine d'un syndrome sudorien.

Espèce dangereuseConfondue avecCritère à vérifierVerdict
Inocybe de Patouillard (Inocybe patouillardii)Tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa)Chapeau plus conique, mamelon longtemps visible, rougissement après la cueillette, sporée brune (brun tabac selon Wikipédia, brun olivacé selon MycoDB), blanche chez la Saint-Georges ; odeur non farineuseToxique
Inocybe de Patouillard (Inocybe patouillardii)Entolome en bouclier (Entoloma clypeatum)Chapeau conique souvent fendu, chair qui rougit, odeur non farineuseToxique
Inocybes (Inocybe sp.)Faux mousseron (Marasmius oreades)Le faux mousseron a des lames très espacées et un pied tenace et coriace qui se tord sans rompre ; ce critère n'écarte pas les autres sosies relevés par l'Anses chez les cueilleurs de mousserons, dont la lépiote de Josserand et la galère marginéeToxique

Wikipédia signale en outre, pour le faux mousseron, un risque de confusion avec Inocybe aeruginascens, qui partage sa taille et ses milieux herbeux, et rapporte plus de vingt intoxications de ce type en Allemagne. L'entolome en bouclier, lui-même toxique cru, est détaillé dans la fiche entolomes.

Aucun inocybe n'est à consommer, et un inocybe ne se reconnaît pas à une seule couleur : selon les espèces, il peut être brun, blanc, jaune paille, brun vermillon ou mauve. Au printemps, un « mousseron » à chapeau conique ou qui rougit doit vous arrêter. L'Anses déconseille de consommer un champignon identifié au moyen d'une application pour smartphone ; ne consommez pas non plus un champignon identifié sur un site internet, celui-ci compris.

Quand et dans quels milieux poussent les inocybes ?

Les sources consultées ne donnent pas de calendrier pour tout le genre, mais elles montrent des inocybes toxiques sur une grande partie de l'année. L'inocybe de Patouillard sort au printemps, selon MycoDB. Le rapport de l'Anses, qui couvre la période de juillet à décembre 2024, compte des inocybes identifiés dans six repas. Côté milieux, la liste d'espèces de Wikipédia comprend un inocybe des saules et un inocybe des sables ; MycoDB décrit pour les espèces toxiques les feuillus et les tilleuls sur sol calcaire (Patouillard), les chênes, les bois mêlés et les bords de chemins (fastigié), les feuillus comme les conifères (lames terreuses). Cette liste n'est pas complète : aucun bois, aucune lisière ni aucun bord de chemin ne peut être tenu pour sûr. L'Anses rappelle aussi que des champignons vénéneux peuvent pousser à l'endroit où vous avez cueilli des comestibles une autre année.

Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?

L'ARS Pays de la Loire demande, si des symptômes apparaissent dans les 12 heures qui suivent un repas de champignons cueillis, d'appeler un centre antipoison ou le 15, de noter l'heure du dernier repas et celle des premiers symptômes, et de garder les restes de champignons pour l'identification. Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 ; le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine. Des signes plus tardifs ne sont pas rassurants : le centre antipoison de Lille considère toute intoxication dont les signes apparaissent 6 heures ou plus après le repas comme grave jusqu'à preuve du contraire, et l'Anses indique que le syndrome orellanien peut se déclarer de 12 heures à 20 jours après.

Le site des centres antipoison conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote. Si la personne n'est pas consciente ou ne respire pas, appelez le 15.

Questions fréquentes

Existe-t-il des inocybes comestibles ?

Les sources consultées n'en citent aucun. Elles présentent le genre comme difficile à identifier à l'espèce, et plusieurs espèces sont classées toxiques. Considérez tout inocybe comme non consommable.

Le syndrome muscarinien peut-il être grave ?

L'Anses le décrit comme un syndrome qui peut être très bruyant, avec bradycardie, hypotension et encombrement bronchique. Le centre antipoison de Lille indique une évolution généralement favorable en 2 à 24 heures, avec de l'atropine dans les formes sévères : une prise en charge rapide reste indispensable.

La cuisson détruit-elle la toxine des inocybes ?

Les sources consultées ne l'indiquent pas. En l'absence d'information, ne comptez jamais sur la cuisson pour rendre un inocybe consommable.

L'inocybe de Patouillard rougit-il toujours ?

Wikipédia et MycoDB décrivent un champignon qui se tache de rouge ou de rose, mais son chapeau peut aussi être blanc ou jaune paille, en particulier jeune. Un exemplaire qui ne rougit pas encore n'est donc pas pour autant hors de cause.

Sources consultées

  • Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015, dont l'annexe 1 des syndromes mycotoxiques (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Recommandations de l'Anses, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicologie, page Découvrir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Lille, Centre antipoison, Champignons et principaux syndromes toxiques (consulté le 15/09/2026)
  • ARS Pays de la Loire, Cueillette des champignons : gare à l'intoxication ! (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, clé de détermination des familles, Inocybe (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Inocybe patouillardii (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Inocybe fastigiata (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Inocybe geophylla (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Marasmius oreades (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Inocybe (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Inocybe de Patouillard (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Inocybe fastigié (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Tricholome de la Saint-Georges (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Entolome en bouclier (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Marasme des oréades (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Myosis (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Bradycardie (consulté le 15/09/2026)