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La Sporée
Deux amanites phalloïdes dans un sous-bois de feuillus : chapeaux vert olive pâle, anneau blanc sur le pied, base du pied du jeune exemplaire enveloppée d'une volve blanche.
Photo : Holger Krisp, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Amanita

Amanites

Réunit les champignons les plus mortels, dont l'amanite phalloïde

MortelEn photo : Amanite phalloïde
Sporée
Sporée blanche
Sous le chapeau
Lames
Milieu
chênaies, châtaigneraies, forêts de feuillus et de conifères
Saison
mai à novembre

Photo contre photo

À ne pas confondre

  • Trois amanites tue-mouches sur la mousse en forêt : chapeaux rouge vif couverts de flocons blancs, pied blanc avec anneau, base renflée.
    Amanite tue-mouchesAmanita muscariaToxique
    Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, Wikimedia Commons
    Amanite des Césars isolée dans l'herbe : chapeau orangé à marge nettement striée, lames jaunes et serrées visibles sous le chapeau, pied jaune dont la base est enveloppée d'une volve blanche en sac.
    Amanite des CésarsAmanita caesareaComestible
    Photo : Kristina Floigl (User:Megalogena), CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : L'amanite des Césars est la seule amanite européenne à lames jaunes, la tue-mouches a des lames blanches.

  • Deux amanites panthères, l'une couchée : chapeau brun parsemé de flocons blancs, lames blanches, anneau blanc et base du pied renflée en bulbe.
    Amanite panthèreAmanita pantherinaToxique
    Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, Wikimedia Commons
    Deux amanites rougissantes dressées sur un talus de terre nue : chapeaux crème lavé de rose et de brun rouge, parsemés de flocons grisâtres ; chaque pied porte un anneau blanc membraneux retombant et se teinte de rose brunâtre vers le bas.
    Amanite rougissanteAmanita rubescensComestible
    Photo : Bojana Matić (User:Bojana Matić), CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : La rougissante a une chair qui rougit et un anneau strié, la panthère a un anneau non strié et des bourrelets en bracelets au-dessus du bulbe.

  • Une jeune amanite vireuse dans la litière de feuillus : chapeau blanc encore ovoïde, pied blanc couvert de flocons, base engainée dans une large volve blanche en sac.
    Amanite vireuseAmanita virosaMortel
    Photo : Jose Angel Urquia Goitia, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
    Pas de photo vérifiéeNous ne publions une photo que si l'espèce est certaine. Ses caractères sont décrits dans le texte de la fiche.
    Agaric blancAgaricus sp.Comestible

    Ce qui les sépare : Les agarics adultes ont des lames roses, l'amanite vireuse reste entièrement blanche avec anneau et volve en sac.

Le genre Amanita est celui qu'il faut connaître en premier, non pour le cuisiner mais pour l'éviter : il réunit les champignons les plus mortels de nos forêts, l'amanite phalloïde, l'amanite printanière et l'amanite vireuse, à côté de quelques espèces comestibles recherchées. Le réflexe de sécurité tient en une phrase : au moindre doute sur un champignon à lames blanches, avec un anneau et une base enveloppée d'une volve ou renflée en bulbe, vous ne le mangez pas, et vous faites contrôler toute la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie, comme le recommande l'Anses.

Comment reconnaître une amanite ?

Les descriptions des espèces du genre reviennent toujours aux mêmes pièces, à observer sur le champignon entier, pied compris. C'est pour cette raison que l'Anses demande de prélever la totalité du champignon, pied et chapeau, afin d'en permettre l'identification.

  • Les lames : blanches et libres chez l'amanite phalloïde, l'amanite panthère ou l'amanite tue-mouches. L'amanite des Césars fait exception avec ses lames jaune doré.
  • L'anneau : une jupe membraneuse sous le chapeau. Chez l'amanite phalloïde, Wikipédia le situe à environ 1 à 1,5 cm sous le chapeau.
  • La volve : un sac membraneux blanc qui enveloppe la base du pied (phalloïde, vireuse, printanière, Césars), ou un bulbe surmonté de bourrelets (panthère).
  • La sporée : blanche chez l'amanite phalloïde, la panthère, la tue-mouches, l'oronge et la rougissante, blanchâtre chez la printanière.

Quelles sont les amanites mortelles ?

L'Anses range l'amanite phalloïde, l'amanite printanière et l'amanite vireuse parmi les principales espèces responsables du syndrome phalloïdien, provoqué par des amanitines, avec une atteinte du foie qui peut être gravissime. Dans son rapport sur la saison de juillet à décembre 2024, l'Anses indique que les trois décès enregistrés relevaient tous de ce syndrome.

Amanite phalloïde

Amanita phalloides porte un chapeau de 5 à 15 cm, vert pâle à vert olive, des lames blanches, un anneau mou et une volve blanche en forme de sac. Wikipédia la décrit associée aux chênes, hêtres, châtaigniers, charmes, noisetiers et bouleaux, mais aussi aux pins et aux épicéas, de la fin de l'été à l'automne : un bois de résineux ne la met pas hors de cause.

Amanite printanière

Amanita verna est blanche à ivoire, avec un anneau membraneux et une volve en sac. Wikipédia la présente comme une espèce thermophile du sud de la France, sous chênes et châtaigniers en sol acide et sableux, dès le mois de mai et jusqu'à la fin de l'été. Elle contient les mêmes toxines que l'amanite phalloïde.

Amanite vireuse

Amanita virosa est elle aussi entièrement blanche, avec un chapeau parfois asymétrique, un anneau et une volve en sac. Wikipédia situe l'amanite vireuse surtout sous les conifères, parfois sous les bouleaux, de l'été à la fin de l'automne, et précise qu'un seul exemplaire de taille moyenne suffit à tuer un homme.

Quelles amanites sont toxiques sans être mortelles ?

L'amanite panthère (Amanita pantherina) et l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) sont citées par l'Anses pour le syndrome panthérinien, où dominent les signes neuropsychiques : euphorie, agitation, délire, hallucinations, parfois suivis d'un sommeil profond, d'un coma ou de convulsions dans les cas les plus graves.

L'amanite panthère a un chapeau brun à beige semé de verrues blanc pur, farineuses, un anneau blanc non strié et une volve surmontée de 1 à 3 bourrelets en bracelets au-dessus du bulbe. Wikipédia la juge plus toxique que la tue-mouches.

L'amanite tue-mouches est la plus connue : chapeau rouge couvert de verrues blanches, lames et pied blancs. La pluie et l'âge délavent le rouge et emportent les verrues, ce qui la rend moins reconnaissable. Selon Wikipédia, les symptômes apparaissent en général entre 30 et 90 minutes après l'ingestion.

Existe-t-il des amanites comestibles ?

Oui, mais ce sont précisément celles qui conduisent des cueilleurs à appeler un centre antipoison. Dans le rapport de l'Anses, des personnes qui cherchaient l'amanite des Césars avaient en réalité ramassé l'amanite tue-mouches.

Amanite des Césars

Amanita caesarea, l'oronge, a un chapeau rouge orangé vif, un pied jaune clair à jaune doré, un anneau strié et une volve épaisse blanc grisâtre. Wikipédia la situe sous les feuillus, en particulier les chênes, de juillet à la mi-novembre, par temps chaud et ensoleillé. Son critère le plus net : c'est la seule amanite européenne à lames jaunes. Mais à l'état d'œuf, encore enfermée dans sa volve blanche, elle ne se distingue pas des autres amanites, phalloïde comprise : Wikipédia déconseille de cueillir ces œufs entièrement blancs.

Amanite rougissante

Amanita rubescens n'est comestible qu'une fois bien cuite : selon Wikipédia, elle contient une toxine sensible à la chaleur qui la rend dangereuse crue. Sa chair rougit dans les blessures, son anneau est strié et sa base renflée ne porte pas de volve. Elle pousse sous feuillus et conifères, de juin à octobre.

Ne commencez pas par ces espèces. Les girolles présentées dans la fiche chanterelles et trompettes ou les cèpes de la fiche bolets et cèpes sont plus souvent recherchés par les débutants, mais ils ont eux aussi leurs sosies toxiques.

Avec quoi peut-on confondre une amanite ?

Espèce dangereuseConfondue avecCritère à vérifierVerdict
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)Russules vertes, tricholome équestre, volvaire cultivée (selon Wikipédia)Volve en sac, anneau, lames blanches libresMortelle
Amanite vireuse (Amanita virosa)Agarics blancsLes agarics adultes ont des lames roses, l'amanite vireuse reste toute blancheMortelle
Amanite printanière (Amanita verna)Agarics et volvaires blancsAnneau et volve en sac à rechercher sur le pied entierMortelle
Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)Amanite des CésarsLames blanches chez la tue-mouches, jaunes chez l'orongeToxique
Amanite panthère (Amanita pantherina)Amanite rougissanteChair qui ne rougit pas, anneau non strié, bourrelets au-dessus du bulbeToxique

Le rapport de l'Anses montre aussi des confusions inattendues : des amanites phalloïdes identifiées chez des personnes qui pensaient cueillir des coulemelles, des russules charbonnières ou simplement des champignons blancs.

Une amanite mortelle ne se reconnaît ni au goût, ni à l'odeur, ni à la couleur seule. Déterrez toujours la base : Wikipédia précise que la volve de la phalloïde peut rester en terre ou manquer, mangée par les limaces, si bien que son absence ne prouve rien. Selon l'Anses, les premiers symptômes du syndrome phalloïdien apparaissent 6 à 24 heures après le repas, 12 heures en moyenne : se sentir bien juste après le repas ne prouve rien. Photographiez votre récolte avant cuisson et ne consommez jamais un champignon identifié par une application ou par un site internet, celui-ci compris.

Quand et dans quels milieux poussent les amanites ?

Les sources consultées décrivent un genre présent sur une grande partie de l'année. L'amanite printanière sort dès mai, l'amanite rougissante de juin à octobre, l'amanite des Césars de juillet à la mi-novembre, l'amanite phalloïde de la fin de l'été à l'automne. Côté milieux, les chênaies et les châtaigneraies accueillent la printanière et l'oronge ; la phalloïde pousse sous les chênes et les châtaigniers, mais aussi sous les hêtres, les charmes, les noisetiers, les bouleaux, les pins et les épicéas ; l'amanite vireuse et la tue-mouches fréquentent surtout les conifères et les bouleaux. L'Anses rappelle aussi que des champignons vénéneux peuvent pousser à l'endroit où vous avez cueilli des comestibles une autre année.

Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?

En cas de symptômes après un repas de champignons, appelez un centre antipoison ou le 15, comme l'indique l'ARS Pays de la Loire. Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 (le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine), et demande d'appeler le 15 si la personne ne respire plus ou a perdu connaissance. Notez l'heure du repas et celle des premiers symptômes, et gardez les restes de la cueillette pour l'identification.

Le même site conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote.

Questions fréquentes

Une amanite phalloïde peut-elle ne pas être verte ?

Oui. Wikipédia décrit un chapeau allant du vert pâle au vert olive. La couleur n'est jamais un critère suffisant : regardez la volve, l'anneau et les lames sur un champignon entier.

Les symptômes peuvent-ils disparaître après une intoxication phalloïdienne ?

Selon Wikipédia, les premiers troubles digestifs disparaissent deux à trois jours après l'ingestion, avant une sérieuse détérioration du foie. Une amélioration ne signifie donc pas que le danger est passé.

L'amanite rougissante se mange-t-elle crue ?

Non. Wikipédia indique que sa toxine est détruite par la chaleur et qu'elle n'est comestible que cuite. L'Anses recommande de manière générale de ne jamais consommer de champignons sauvages crus.

Sources consultées

  • Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Recommandations de l'Anses pour la cueillette, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
  • ARS Pays de la Loire, Cueillette des champignons : gare à l'intoxication ! (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicovigilance (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite phalloïde (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite printanière (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite vireuse (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite panthère (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite tue-mouches (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite des Césars (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Amanite rougissante (consulté le 15/09/2026)

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