Aller au contenu
La Sporée
Deux mycènes roses dans les feuilles de hêtre : chapeaux rose pâle, lames blanches, pieds blancs élancés.
Photo : Stu's Images, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Mycena

Mycènes

Chair négligeable, et deux espèces courantes toxiques : la mycène rose et la mycène pure

Selon l'espèceEn photo : Mycène rose
Sporée
Sporée blanche
Sous le chapeau
Lames
Milieu
litière des bois de feuillus, de conifères ou mixtes, hêtraies, chênaies et lisières
Saison
juin à novembre

Photo contre photo

À ne pas confondre

  • Plusieurs mycènes pures dans la mousse : chapeaux lilas brunâtre, deux exemplaires couchés montrent des lames pâles, pieds fins.
    Mycène pureMycena puraToxique
    Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, Wikimedia Commons
    Plusieurs laccaires laqués sur la terre et les feuilles : petits chapeaux rose orangé, lames épaisses et espacées, pied fibreux brun rosé.
    Laccaire laquéLaccaria laccataComestible
    Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Pied cassant et odeur de radis chez la mycène, pied plus dur chez le laccaire ; un exemplaire desséché, blanchâtre, n'a plus sa couleur typique.

Les mycènes sont de petits champignons fragiles à la chair négligeable, et deux espèces courantes sont toxiques : la mycène rose et la mycène pure, que Wikipédia dit porteuses de muscarine, responsable d'un syndrome sudorien. L'Anses a relevé une intoxication de gravité forte chez une personne qui pensait cueillir du laccaire laqué et chez qui la Mycoliste a identifié une mycène rose. Le réflexe de sécurité : aucun petit champignon rose ou lilas ne se mange sans contrôle, même s'il ressemble à un laccaire, et toute récolte douteuse passe par un pharmacien ou une association de mycologie, comme le recommande l'Anses.

Comment reconnaître une mycène ?

Wikipédia décrit le genre Mycena comme un ensemble de petites espèces, certaines minuscules, à la silhouette typique : un chapeau mince en forme de clochette et un pied mince et allongé. Les spores sont normalement amyloïdes. Le genre compte environ 1 000 espèces dans le monde, dont environ 400 dans l'hémisphère Nord et environ 170 en France ; quelques-unes sont bioluminescentes.

Wikipédia juge les mycènes médiocres comestibles pour la plupart, légèrement toxiques pour d'autres, avec une chair d'épaisseur négligeable. Le genre est donc variable, et les deux espèces que l'on risque de ramasser à la place d'un laccaire sont classées toxiques par MycoDB comme par Wikipédia.

Quelles mycènes sont toxiques ?

Mycène rose

Mycena rosea a, selon Wikipédia, un chapeau de 2 à 6 cm, rose vif à rose pâle, avec un mamelon parfois teinté de jaune et une marge striée. Ses lames sont adnées à échancrées, rose pâle à blanches, son pied blanc teinté de rose et très cassant, et elle a une odeur reconnaissable de radis. MycoDB décrit un chapeau rose tendre à blanchâtre, campanulé puis convexe à aplati, hygrophane, des lames blanches, crème ou saumonées, et un pied crème à légèrement rose, creux, fibreux, élargi à la base et souvent garni de poils blancs.

Wikipédia la situe en lisière des forêts de feuillus ; MycoDB dans les hêtraies, les chênaies et la litière des forêts de feuillus ou mixtes, d'août à novembre, parfois de mai à janvier, et la dit fréquente. Wikipédia indique qu'elle contient de la muscarine, qui provoque un syndrome sudorien avec notamment nausées et vomissements.

Mycène pure

Mycena pura a, selon MycoDB, un chapeau de 2 à 5 cm, campanulé puis convexe à aplati, hygrophane, mat, de couleur variable mais typiquement rose lilas un peu bleuté, strié par transparence jusqu'au tiers. Ses lames sont adnées, échancrées, blanches à gris lilas pâle ; son pied de 3 à 7 cm, légèrement épaissi à la base, est plein puis creux et cassant. L'odeur est forte, de radis ou de rave, et la sporée blanche. Wikipédia donne un chapeau de 3 à 7 cm, rose pur à violacé ou grisé, qui devient blanchâtre par temps sec, et un pied fragile et creux.

MycoDB la décrit dans la litière des forêts de feuillus comme de conifères, de juin à novembre et parfois toute l'année ; Wikipédia du printemps à l'automne. MycoDB la classe toxique ; Wikipédia lui attribue de la muscarine et un syndrome sudorien.

La muscarine des mycènes est-elle reconnue par toutes les sources ?

Pas au même degré. Wikipédia l'affirme pour la mycène rose et la mycène pure, mais sans référence, et la section de la page sur la mycène pure est signalée « à sourcer ». En revanche, l'annexe de l'Anses sur les syndromes cite comme principales espèces du syndrome sudorien le clitocybe blanchi, le clitocybe cérusé, l'inocybe de Patouillard et l'inocybe fastigié, sans mycène. Le centre antipoison de Lille rattache ce syndrome à de nombreuses espèces d'inocybes et de clitocybes, et la page Wikipédia consacrée à la muscarine ne cite pas les mycènes. MycoDB se contente de classer les deux espèces toxiques.

Ces différences ne rendent pas les mycènes sûres. Dans le cas relevé par l'Anses, le syndrome rapporté après la cueillette d'une mycène rose était sudorien, avec une imputabilité jugée probable. L'avis de l'Anses sur les espèces comestibles cite en outre la mycène pure dans sa colonne des risques de confusion avec des champignons à effets toxiques graves, voire mortels.

L'Anses décrit ce syndrome comme cholinergique, pouvant être très bruyant : troubles digestifs associés à des sueurs, un larmoiement, un myosis, une bradycardie, une hypotension et un encombrement bronchique, 15 minutes à 2 heures après le repas. La page Wikipédia consacrée à la muscarine parle de premiers signes pouvant aller jusqu'à huit heures : un délai plus long n'écarte rien. Le centre antipoison de Lille indique une évolution généralement favorable en 2 à 24 heures, avec de l'atropine si la forme est sévère. Les inocybes responsables du même syndrome sont décrits dans la fiche inocybes.

Avec quoi peut-on confondre une mycène ?

Espèce dangereuseConfondue avecCritère à vérifierVerdict
Mycène rose (Mycena rosea)Laccaire laqué (cas relevé par l'Anses)Odeur de radis chez la mycène ; la marge striée ne tranche pas, Wikipédia la décrivant aussi chez le laccaire améthyste et MycoDB un chapeau strié chez le laccaire laqué ; son pied est très cassant selon Wikipédia mais fibreux selon MycoDB, donc aucun critère isolé ne suffitToxique
Mycène pure (Mycena pura)Laccaire améthysteChair cassante, pied qui ne résiste pas à la torsion, odeur de rave chez la mycène ; MycoDB décrit un pied plein au début chez la mycène pure, et ni la marge striée ni la sporée, blanche chez les deux, ne tranchentToxique
Mycène pure (Mycena pura)Laccaire laqué (selon l'avis de l'Anses)Pied cassant et odeur de radis chez la mycène, pied plus dur chez le laccaire selon Wikipédia ; un exemplaire desséché, blanchâtre, n'a plus sa couleur typiqueToxique

Les laccaires, leurs caractères et leur statut sont détaillés dans la fiche laccaires. MycoDB rapproche aussi la mycène rose de Mycena sororia, aux tons plus violacés et aux spores plus grandes, et cite pour la mycène pure une série de mycènes voisines.

La couleur ne permet ni d'identifier une mycène ni de l'écarter : la mycène pure devient blanchâtre par temps sec, le laccaire améthyste pâlit jusqu'au blanc sale, et la sporée est blanche chez la mycène pure comme chez les laccaires. Sur le pied, les sources divergent pour la mycène rose. L'Anses conseille d'éviter les jeunes spécimens, qui favorisent les confusions, et déconseille de consommer un champignon identifié par une application pour smartphone ; ne consommez pas non plus un champignon identifié sur un site internet, celui-ci compris.

Quand et dans quels milieux poussent les mycènes ?

Les deux mycènes toxiques décrites ici occupent une grande partie de l'année : de juin à novembre, parfois toute l'année, pour la mycène pure, d'août à novembre, parfois de mai à janvier, pour la mycène rose. On les trouve dans la litière des bois de feuillus, de conifères ou mixtes, en hêtraie, en chênaie et en lisière. Ce sont les mêmes bois humides que ceux des laccaires, que Wikipédia décrit de l'été au début de l'hiver sous feuillus comme sous résineux. L'Anses rappelle que des champignons vénéneux peuvent pousser à l'endroit où vous avez cueilli des comestibles une autre année.

Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?

Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 ; le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine. Si la personne n'est pas consciente ou ne respire pas, appelez le 15. Le site des centres antipoison conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote.

Des signes tardifs ne sont pas rassurants : le centre antipoison de Lille considère toute intoxication dont la latence atteint 6 heures ou plus comme grave jusqu'à preuve du contraire et demande l'hospitalisation de tous les convives du repas. Gardez la photo de la récolte : l'Anses indique qu'elle sera utile pour décider du traitement.

Questions fréquentes

La mycène rose est-elle toxique ?

Oui. MycoDB la classe toxique, Wikipédia lui attribue de la muscarine et un syndrome sudorien, et l'Anses l'a identifiée dans une intoxication de gravité forte chez une personne qui pensait cueillir du laccaire laqué.

L'odeur de radis suffit-elle à reconnaître une mycène ?

Non. MycoDB et Wikipédia la décrivent chez la mycène rose et la mycène pure, mais une odeur ne suffit jamais à valider ou à écarter un champignon. Faites contrôler toute récolte de petits champignons roses ou violets.

Existe-t-il des mycènes comestibles ?

Wikipédia juge la plupart des mycènes médiocres comestibles et certaines légèrement toxiques, avec une chair d'épaisseur négligeable. Aucune ne mérite le risque d'une confusion avec la mycène rose ou la mycène pure.

Sources consultées

  • Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015, tableau VIII et annexe 1 des syndromes mycotoxiques (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Recommandations de l'Anses, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Avis relatif à une demande d'avis lié à un projet d'arrêté relatif aux variétés comestibles de champignons de culture et sauvages, saisine n° 2015-SA-0180, liste des champignons comestibles (consulté le 15/09/2026)
  • Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicologie, page Découvrir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Lille, Centre antipoison, Champignons et principaux syndromes toxiques (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Mycena rosea (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Mycena pura (consulté le 15/09/2026)
  • MycoDB, fiche Laccaria amethystina (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Mycena (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Mycena rosea (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Mycène pure (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Laccaire améthyste (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Laccaire laqué (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Muscarine (consulté le 15/09/2026)

Même couleur de sporée

Tous les genres à sporée blanche