
Marasmes
Le marasme des Oréades est comestible, mais des récoltes de mousserons ont contenu des espèces mortelles
- Sporée
- Sporée blanche
- Sous le chapeau
- Lames
- Milieu
- prairies, pelouses, clairières et bords de chemins
- Saison
- mai à novembre
Photo contre photo
À ne pas confondre
Galère marginéeGalerina marginataMortelPhoto : André De Kesel, CC0, Wikimedia Commons
Marasme des OréadesMarasmius oreadesComestiblePhoto : Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Ce qui les sépare : Sporée rouille chez la galère, blanche chez le marasme ; l'anneau de la galère manque souvent chez les vieux exemplaires.
Le marasme des Oréades, ou faux mousseron, est un comestible réputé que l'Anses inscrit dans sa liste d'espèces comestibles, mais les cueilleurs de mousserons ramassent parfois à sa place des champignons mortels : l'Anses a identifié dans leurs récoltes la lépiote de Josserand et la galère marginée, deux espèces du syndrome phalloïdien, ainsi que des inocybes. Le réflexe de sécurité : examinez chaque exemplaire un par un, pied entier compris, car l'Anses a trouvé des espèces mortelles dans des récoltes de mousserons, et faites contrôler la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie avant la cuisine, comme le recommande l'Anses.
Comment reconnaître un marasme ?
Selon Wikipédia, Marasmius vient du grec marasmos, la dessiccation : ces champignons peuvent se dessécher sur place puis reprendre leur aspect une fois réhumidifiés. Ce sont en général de petits ou minuscules champignons, coriaces à l'état sec, souvent hygrophanes. Wikipédia précise que les marasmes comptent de très nombreuses espèces assez semblables, pas toutes comestibles ; les sources consultées ne documentent que le marasme des Oréades.
Marasme des Oréades
Marasmius oreades est aussi appelé faux mousseron ou mousseron d'automne.
Wikipédia décrit un chapeau de 2 à 6 cm, roux pâle blanchissant par la sécheresse, fauve un peu carné, chamois ou brunâtre, coriace et élastique, campanulé puis étalé, longtemps mamelonné, sillonné à la marge. Les lames sont blanc carné, épaisses, assez larges, très espacées et interveinées. Le pied, de 4 à 10 cm, est grêle, creux, élastique et très coriace ; MycoDB précise qu'il se tord sans rompre. L'odeur rappelle le foin coupé puis la sciure fraîche, légèrement cyanique. La page anglophone de Wikipédia indique une sporée blanche.
Les sources divergent sur l'insertion des lames : libres selon Wikipédia, échancrées selon MycoDB. Ce détail ne peut donc pas servir à l'écarter d'une lépiote.
Wikipédia décrit le marasme des Oréades du printemps à l'automne, souvent en grand nombre, en touffes, en lignes ou en ronds de sorcières, dans les clairières, les prairies, les pelouses et au bord des chemins. MycoDB le dit bon comestible et précise que seul le chapeau se mange, le pied étant trop coriace. L'avis de l'Anses signale un risque de confusion avec des clitocybes blancs toxiques.
Quels champignons dangereux les cueilleurs de mousserons ramassent-ils ?
Dans le rapport de l'Anses, les mousserons étaient recherchés dans 7,8 % des 576 repas issus de la cueillette pour lesquels l'espèce recherchée était connue. Pour le groupe « mousserons, faux-mousserons », la Mycoliste a identifié des inocybes, le marasme des Oréades, la lépiote de Josserand et la galère marginée. Parmi les 8 syndromes sudoriens de gravité forte, 6 concernaient des personnes qui recherchaient du mousseron, seul ou avec d'autres espèces.
Lépiote de Josserand
Lepiota subincarnata, que MycoDB donne pour synonyme de Lepiota josserandii, fait partie des petites lépiotes que l'Anses range parmi les principales espèces du syndrome phalloïdien. Ce syndrome est provoqué par des amanitines : après une latence moyenne de 12 heures, des troubles digestifs cholériformes précèdent une atteinte du foie qui peut être gravissime. L'Anses donne un délai de 6 à 24 heures.
Wikipédia décrit un chapeau de 5 à 6 cm, brun rose très pâle à rouge rosé, voire rose vineux, des lames libres, assez serrées, crème pâle, une odeur fruitée de mandarine et un pied d'environ 5 cm. Elle pousse en petites troupes dans les haies et les jardins et dans les bois clairs, et Wikipédia avertit expressément les cueilleurs de marasmes des Oréades. MycoDB la signale dans les prairies, les jardins, les taillis, les forêts et les prairies littorales, avec un anneau présent ou absent. Voyez la fiche lépiotes.
Galère marginée
Galerina marginata figure aussi parmi les espèces du syndrome phalloïdien selon l'Anses. Wikipédia la décrit avec un chapeau brun à beige qui pâlit en séchant, des lames brunâtres, une sporée rouille et un anneau membraneux net chez les jeunes, qui disparaît souvent avec l'âge. Elle pousse surtout sur le bois de conifères en décomposition selon Wikipédia, sur souches et sur bois selon MycoDB, qui la classe mortelle. Wikipédia précise qu'elle contient des amatoxines. Dans le rapport de l'Anses, une personne décédée d'un syndrome phalloïdien pensait cueillir des souchettes et avait probablement consommé des galères marginées ; l'avis de l'Anses signale aussi la confusion entre pholiote changeante et galère marginée. La fiche armillaires décrit la galère marginée et les autres champignons en touffes sur les souches.
Clitocybe blanchi et inocybes
Wikipédia cite parmi les confusions du marasme le clitocybe laiteux (Clitocybe rivulosa), considéré comme très toxique, et les inocybes. MycoDB tient Clitocybe dealbata, le clitocybe blanchi, pour synonyme de Clitocybe rivulosa et le décrit dans l'herbe des prés et en bordure de chemins, avec des lames assez serrées, adnées à faiblement décurrentes, et une chair élastique. L'Anses range le clitocybe blanchi, l'inocybe de Patouillard et l'inocybe fastigié parmi les principales espèces du syndrome sudorien, qui apparaît 15 minutes à 2 heures après le repas. Voyez les fiches clitocybes et inocybes.
Avec quoi peut-on confondre un marasme des Oréades ?
| Espèce dangereuse | Confondue avec | Critère à vérifier | Verdict |
|---|---|---|---|
| Lépiote de Josserand (Lepiota subincarnata) | Marasme des Oréades (récoltes de mousserons étudiées par l'Anses) | Lames assez serrées, odeur de mandarine, pied non coriace, écailleux sous une zone annulaire parfois absente chez la lépiote ; lames très espacées et pied très coriace qui se tord sans rompre chez le marasme. La sporée est blanche chez les deux et les lames libres ne tranchent pas : aucun critère isolé ne suffit | Mortelle |
| Galère marginée (Galerina marginata) | Marasme des Oréades (récoltes de mousserons étudiées par l'Anses) | Lames brunâtres et sporée rouille chez la galère, sporée blanche chez le marasme ; l'anneau de la galère manque souvent chez les vieux exemplaires | Mortelle |
| Clitocybe blanchi (Clitocybe dealbata) | Marasme des Oréades | Lames assez serrées, adnées à faiblement décurrentes chez le clitocybe, dont la chair est aussi élastique, la sporée blanche et qui forme parfois aussi des ronds de sorcières ; seul un pied très coriace, qui résiste à la torsion, avec des lames très espacées, oriente vers le marasme | Toxique |
| Inocybes (Inocybe sp.) | Mousserons (cas relevés par l'Anses) | Aucun critère simple dans les sources consultées : faites contrôler toute récolte, exemplaire par exemplaire | Toxique |
Un pied élastique ne suffit pas : la chair du clitocybe blanchi est élastique elle aussi. Seul un pied très coriace, qui se tord sans rompre, associé à des lames très espacées, oriente vers le marasme, et la décision revient au contrôle d'un pharmacien ou d'une association. Les petites lépiotes mortelles poussent dans les mêmes milieux que le faux mousseron : Wikipédia dit la lépiote de Josserand très commune dans les champs, parcs et jardins européens, et MycoDB la signale dans les prairies. L'Anses déconseille de consommer un champignon identifié par une application pour smartphone ; ne consommez pas non plus un champignon identifié sur un site internet, celui-ci compris.
Quand et dans quels milieux poussent les marasmes ?
Le marasme des Oréades sort du printemps à l'automne selon Wikipédia, en été et en automne selon sa page anglophone, dans les prairies, les pelouses, les clairières et les bords de chemins. Ces milieux herbeux sont aussi ceux de ses sosies dangereux : prairies et bordures de chemins pour le clitocybe blanchi, champs, parcs, jardins, prairies, haies, taillis et bois clairs pour la lépiote de Josserand. Un rond de champignons dans une prairie ou un jardin n'a donc rien de rassurant. L'Anses conseille de cueillir loin des bords de route et rappelle que des champignons vénéneux peuvent pousser à l'endroit où vous avez cueilli des comestibles une autre année.
Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?
Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 ; le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine. Si la personne n'est pas consciente ou ne respire pas, appelez le 15. Le site des centres antipoison conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote.
Des signes tardifs ne sont pas rassurants : le centre antipoison de Lille considère toute intoxication dont la latence atteint 6 heures ou plus comme grave jusqu'à preuve du contraire, et demande l'hospitalisation de tous les convives du repas. Des signes rapides ne rassurent pas davantage : les récoltes de mousserons étudiées par l'Anses mêlaient des inocybes, qui agissent en 15 minutes à 2 heures, et des espèces du syndrome phalloïdien, qui agissent en 6 à 24 heures, et le centre antipoison de Lille met en garde contre l'interprétation du délai en cas de mélange de plusieurs espèces.
Questions fréquentes
Le faux mousseron est-il comestible ?
Oui. Le marasme des Oréades figure dans la liste d'espèces comestibles de l'avis de l'Anses, et Wikipédia le qualifie de comestible réputé. MycoDB précise que seul le chapeau se mange. Le danger vient des espèces cueillies à sa place.
Le pied qui se tord sans casser suffit-il à reconnaître le faux mousseron ?
Non. MycoDB décrit aussi une chair élastique chez le clitocybe blanchi. Le pied du marasme doit être très coriace et résister à la torsion, ses lames très espacées, et la récolte doit être contrôlée : MycoDB signale la lépiote de Josserand dans les prairies et les jardins.
Combien de temps après le repas apparaissent les signes ?
L'Anses donne 15 minutes à 2 heures pour le syndrome sudorien des clitocybes et des inocybes, mais 6 à 24 heures pour le syndrome phalloïdien des petites lépiotes et de la galère marginée. Des signes rapides n'écartent donc pas une espèce mortelle mêlée à la récolte : le centre antipoison de Lille met en garde contre l'interprétation du délai en cas de mélange de plusieurs espèces. Appelez le centre antipoison sans attendre les symptômes.
Sources consultées
- Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015, tableaux IV et VIII et annexe 1 des syndromes mycotoxiques (consulté le 15/09/2026)
- Anses, Recommandations de l'Anses, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
- Anses, Avis relatif à une demande d'avis lié à un projet d'arrêté relatif aux variétés comestibles de champignons de culture et sauvages, saisine n° 2015-SA-0180, liste des champignons comestibles (consulté le 15/09/2026)
- Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
- CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicologie, page Découvrir (consulté le 15/09/2026)
- CHU de Lille, Centre antipoison, Champignons et principaux syndromes toxiques (consulté le 15/09/2026)
- MycoDB, fiche Marasmius oreades (consulté le 15/09/2026)
- MycoDB, fiche Lepiota subincarnata (consulté le 15/09/2026)
- MycoDB, fiche Galerina marginata (consulté le 15/09/2026)
- MycoDB, fiche Clitocybe dealbata (consulté le 15/09/2026)
- Wikipédia, Marasmius (consulté le 15/09/2026)
- Wikipédia, Marasme des oréades (consulté le 15/09/2026)
- Wikipédia en anglais, Marasmius oreades (consulté le 15/09/2026)
- Wikipédia, Lepiota subincarnata (consulté le 15/09/2026)
- Wikipédia, Galerina marginata (consulté le 15/09/2026)
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