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La Sporée
Deux coulemelles dans l'herbe haute : chapeau couvert d'écailles brunes, pied élancé tigré de brun, anneau coulissant, jeune exemplaire en forme de baguette de tambour.
Photo : Chrumps, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Lepiota, Macrolepiota, Chlorophyllum

Lépiotes et coulemelles

Des coulemelles recherchées, mais de petites lépiotes aux toxines de l'amanite phalloïde

MortelEn photo : Coulemelle
Sporée
Sporée blanche
Sous le chapeau
Lames
Milieu
prés, pelouses, pâturages, jardins, parcs, haies, tas de compost, taillis, lisières, bois clairs
Saison
juin à novembre

Photo contre photo

À ne pas confondre

  • Une amanite phalloïde dans la litière de feuillus : chapeau vert olive, pied clair et base entourée d’une large volve blanche en sac.
    Amanite phalloïdeAmanita phalloidesMortel
    Photo : Björn S..., CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons
    Deux coulemelles dans l'herbe haute : chapeau couvert d'écailles brunes, pied élancé tigré de brun, anneau coulissant, jeune exemplaire en forme de baguette de tambour.
    CoulemelleMacrolepiota proceraComestible
    Photo : Chrumps, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Déterrez la base : volve en sac (parfois absente) et anneau fixe chez l'amanite, anneau double coulissant et chapeau à mèches brunes chez la coulemelle ; le pied chiné ne suffit pas.

  • Trois lépiotes vénéneuses sur un sol d'aiguilles : chapeau à grosses écailles brunes, lames blanches, pied lisse et blanc terminé par un bulbe marginé.
    Lépiote vénéneuseChlorophyllum brunneumToxique
    Photo : Sebastien Basso, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
    Deux coulemelles dans l'herbe haute : chapeau couvert d'écailles brunes, pied élancé tigré de brun, anneau coulissant, jeune exemplaire en forme de baguette de tambour.
    CoulemelleMacrolepiota proceraComestible
    Photo : Chrumps, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Anneau simple, gros bulbe marginé, pied lisse non chiné et chair qui rosit vite chez la lépiote vénéneuse.

  • Pas de photo vérifiéeNous ne publions une photo que si l'espèce est certaine. Ses caractères sont décrits dans le texte de la fiche.
    Lépiote bruneLepiota helveolaMortel
    Trois marasmes des Oréades dans l'herbe rase : chapeaux beige clair, lames crème espacées, pieds fins et clairs.
    Marasme des OréadesMarasmius oreadesComestible
    Photo : Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Le marasme a un pied très coriace qui résiste à la torsion et des lames épaisses très espacées ; la lépiote des lames serrées et une calotte brune.

  • Un groupe de lépiotes de Josserand : petits chapeaux couverts de fines écailles rosées, exemplaires retournés à lames blanches et pied blanchâtre.
    Lépiote de JosserandLepiota subincarnataMortel
    Photo : Strobilomyces, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
    Trois marasmes des Oréades dans l'herbe rase : chapeaux beige clair, lames crème espacées, pieds fins et clairs.
    Marasme des OréadesMarasmius oreadesComestible
    Photo : Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Ce qui les sépare : Zone annulaire laineuse sur le pied et odeur de mandarine chez la lépiote ; elle pousse aussi dans les parcs et jardins.

Sous le nom de lépiotes, on range à la fois les coulemelles, grands champignons recherchés, et de petites espèces du genre Lepiota qui contiennent les mêmes toxines que l'amanite phalloïde et peuvent tuer. Le réflexe de sécurité : ne ramassez jamais une petite lépiote, et ne consommez une grande lépiote qu'après avoir fait contrôler toute la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie, comme le recommande l'Anses. Wikipédia rappelle d'ailleurs que le genre Lepiota doit, de manière générale, être évité.

Qu'appelle-t-on une lépiote ?

Le mot français est plus large que le genre scientifique. Wikipédia le rattache à un groupe de champignons qui partagent quatre caractères :

  • une sporée blanche ;
  • des lames libres, qui ne touchent pas le pied ;
  • un pied séparable du chapeau ;
  • un voile partiel, visible sous forme d'anneau, d'armille ou de flocons sur le pied.

Les grandes lépiotes ont été réparties entre Macrolepiota, celui de la coulemelle, et Chlorophyllum, celui de la lépiote déguenillée et de la lépiote vénéneuse. Les espèces du genre Lepiota sont, selon Wikipédia, principalement de petite taille et souvent fortement toxiques. Leur chapeau est couvert d'écailles ou de mèches brunes, sauf la calotte centrale, et il faut souvent un microscope pour les identifier avec certitude.

Quelles petites lépiotes sont mortelles ?

L'Anses cite les « petites lépiotes toxiques », dont Lepiota helveola, L. josserandii et L. brunneoincarnata, parmi les principales espèces responsables du syndrome phalloïdien, provoqué par des amanitines. Après une latence moyenne de 12 heures apparaissent des troubles digestifs de type cholériforme, suivis d'une atteinte du foie qui peut être gravissime.

Lépiote brune

Lepiota helveola est un petit champignon jamais plus haut que 7 cm. Son chapeau de 1,5 à 3 cm porte une calotte étoilée brun chocolat à brun rouge brique et de fines squamules saumonées sur fond crème. Ses lames sont libres, serrées, blanches à crème, son anneau fugace et sa sporée blanche. Wikipédia décrit la lépiote brune dans les prés maigres proches des bois et dans les taillis, en situation chaude, plutôt en climat méditerranéen, et écrit qu'à poids égal elle serait aussi toxique que l'amanite phalloïde. Après une rémission apparente, les cellules du foie se détruisent.

Lépiote brun-rose

Lepiota brunneoincarnata a un chapeau rose crème orné de squamules brun rosâtre à brun vineux et des lames libres blanches. Son pied est blanc en haut, rosâtre et couvert d'écailles brunes en bas, les deux zones étant séparées par un anneau membraneux. Wikipédia précise qu'elle contient des amatoxines et rapporte des décès. Son odeur est agréable, légèrement aromatique : une bonne odeur ne rassure pas.

Lépiote de Josserand

Lepiota subincarnata, dont L. josserandii est aujourd'hui un synonyme, a un chapeau rose pâle à brun rougeâtre, des lames libres crème pâle, une zone annulaire laineuse sur le pied et une odeur fruitée de mandarine. Wikipédia la situe dans les champs, parcs, jardins et haies, mais aussi dans les bois clairs de feuillus et de conifères aux sols riches. L'Anses l'a identifiée dans un repas de cueilleurs qui pensaient ramasser des mousserons ou des faux mousserons.

La lépiote crêtée (Lepiota cristata), petite lépiote blanche à écailles brunes et à odeur désagréable, divise les auteurs : très toxique pour certains, suspecte pour d'autres. Wikipédia conseille de la rejeter sans hésiter, car elle ressemble aux petites lépiotes mortelles.

Comment reconnaître une coulemelle ?

Lépiote élevée

Macrolepiota procera, la coulemelle, se reconnaît selon Wikipédia à sa grande taille : chapeau de 4 à 25 cm surmonté d'un mamelon et couvert de mèches brunes retroussées, pied de 10 à 30 cm. Ses lames sont libres, blanches ou crème, sa sporée blanche. Le pied, bulbeux à la base mais sans volve, est chiné de brun et ne change pas de couleur au grattage ; il porte un anneau épais, double et coulissant. Elle est comestible, pied retiré.

Lépiote déguenillée

Chlorophyllum rhacodes a un chapeau de 8 à 18 cm couvert d'écailles laineuses recourbées, un anneau double et des lames blanches qui rougissent au toucher ; sa chair rougit à la cassure. Comestible, elle peut toutefois dans certains cas provoquer des troubles intestinaux, et certains la tolèrent mal. Attention au nom : on l'appelle parfois aussi « lépiote brune », comme la petite lépiote mortelle décrite plus haut.

Avec quoi peut-on confondre une lépiote ?

Dans le rapport de l'Anses, les coulemelles et lépiotes étaient recherchées dans 13,2 % des repas de cueillette dont l'espèce recherchée était connue. Chez ceux qui cherchaient des coulemelles, les mycologues ont identifié la lépiote vénéneuse, la lépiote élevée, la lépiote mamelonnée et l'amanite phalloïde. La lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) figurait dans 12,5 % des repas où un mycologue a identifié une espèce toxique.

Espèce dangereuseConfondue avecCritère à vérifierVerdict
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)Coulemelle (selon l'Anses)Déterrez la base : l'amanite a une volve en sac (parfois restée en terre ou mangée par les limaces), un anneau simple et fixe et un chapeau sans mèches ; la coulemelle a un anneau double qui coulisse et un chapeau couvert de mèches brunes. Le pied chiné ne suffit pas : celui de la phalloïde l'est aussiMortelle
Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum)CoulemelleAnneau simple (qui coulisse lui aussi), gros bulbe marginé, pied lisse non chiné à peine plus long que le chapeau n'est large, chair qui rosit vite à la coupeToxique
Lépiote brune (Lepiota helveola)Marasme des OréadesLe marasme a un pied très coriace et élastique qui résiste à la torsion et des lames épaisses très espacées ; la lépiote a des lames serrées, une calotte brune et un anneau fugace. Une seule petite lépiote dans le panier suffit : faites contrôler toute la récolteMortelle
Lépiote de Josserand (Lepiota subincarnata)Mousserons et faux mousserons (selon l'Anses)Zone annulaire laineuse sur le pied, odeur de mandarineMortelle

Pour les amanites qui se glissent dans un panier de coulemelles, voyez la fiche amanites.

Aucun critère visible à l'œil nu ne garantit qu'une petite lépiote est inoffensive, et Wikipédia rappelle qu'il faut souvent un microscope pour les distinguer. Selon l'Anses, les signes du syndrome phalloïdien apparaissent 6 à 24 heures après le repas. Le centre antipoison de Lille précise que toute intoxication dont les signes apparaissent au moins 6 heures après le repas impose l'hospitalisation du malade et de tous les convives. Photographiez votre récolte avant cuisson et ne consommez jamais un champignon identifié par une application.

Quand et dans quels milieux poussent les lépiotes ?

La coulemelle vient de juillet à octobre selon Wikipédia, la lépiote déguenillée de la fin de l'été à l'automne, la lépiote crêtée de l'été à la fin de l'automne. Côté milieux, les espèces dangereuses occupent presque tous les terrains du cueilleur : prés maigres proches des bois et taillis pour la lépiote brune ; champs, parcs, jardins, haies et bois clairs de feuillus ou de conifères pour la lépiote de Josserand ; jardins, parcs, taillis, lisières et forêts pour la lépiote crêtée ; jardins, parcs, tas de compost, serres et sols riches des forêts pour la lépiote vénéneuse. Les sources consultées ne précisent pas le milieu de la lépiote brun-rose. Un jardin ou une pelouse n'est donc jamais un lieu sûr : Wikipédia dit la lépiote de Josserand très commune dans les champs, parcs et jardins, et invite à s'en méfier en cueillant des marasmes des Oréades.

La coulemelle partage ces milieux : sous-bois dégagés, bois clairs, pâturages, clairières et prairies. L'Anses ajoute que des champignons vénéneux peuvent pousser là où vous avez cueilli des comestibles une autre année.

Que faire en cas de doute ou d'intoxication ?

Le site des centres antipoison donne le numéro du centre de Bordeaux, 05 56 96 40 80, joignable 24 h/24 (le CHU de Bordeaux le présente comme le centre antipoison de Nouvelle-Aquitaine), et demande d'appeler le 15 si la personne ne respire pas ou n'est pas consciente. Il conseille de ne pas attendre l'apparition des symptômes pour appeler, de ne pas faire vomir, de ne pas donner à boire, et rappelle que le lait n'est pas un antidote.

Gardez la photo de la récolte : l'Anses indique qu'elle sera utile pour décider du traitement. Si vous cueillez aussi des russules, la fiche russules détaille une autre confusion avec l'amanite phalloïde.

Questions fréquentes

La lépiote brune est-elle comestible ?

Tout dépend de l'espèce désignée. Wikipédia donne ce nom à Lepiota helveola, fortement toxique et parfois mortelle, mais aussi à la lépiote déguenillée, comestible. Un nom commun ne suffit jamais : seule l'identification de l'espèce compte.

Une petite lépiote qui sent bon est-elle sans danger ?

Non. La lépiote de Josserand sent la mandarine et la lépiote brun-rose a une odeur agréable, alors que toutes deux contiennent des amatoxines.

Peut-on manger une coulemelle crue ?

Non. Wikipédia rappelle que la consommation de champignons crus n'est pas recommandée, et l'Anses conseille de ne jamais consommer de champignons sauvages crus et de les cuire 20 à 30 minutes à la poêle.

Sources consultées

  • Anses, Surveillance saisonnière des intoxications accidentelles par des champignons en France hexagonale et Corse, rapport d'étude de toxicovigilance n° 2025-VIG-0015, tableaux IV et VIII (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Liste des syndromes mycotoxiques retrouvés cette saison, annexe 1 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Anses, Recommandations de l'Anses, annexe 4 du rapport n° 2025-VIG-0015 (consulté le 15/09/2026)
  • Centres antipoison et de toxicovigilance, page d'accueil centres-antipoison.net, numéros d'urgence et conduite à tenir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Bordeaux, Centre antipoison et de toxicologie, page Découvrir (consulté le 15/09/2026)
  • CHU de Lille, Centre antipoison, Champignons et principaux syndromes toxiques (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Lepiota (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Lepiota helveola (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Lepiota brunneoincarnata (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Lepiota subincarnata (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Lépiote crêtée (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Macrolepiota (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Macrolepiota procera (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Chlorophyllum rhacodes (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Chlorophyllum brunneum (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Marasme des Oréades (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Russule verdoyante, section confusions avec l'amanite phalloïde (consulté le 15/09/2026)
  • Wikipédia, Intoxication par les champignons (consulté le 15/09/2026)

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